PRINTEMPS

Six artistes dans l’abstraction géométrique

 

 

BNA-1, 1973 - 2014,Fer peint ,80 x 2,5 x 24 cm

Aracelis Ocante

“ Le graphisme occupe une place importante dans le travail d’Aracelis Ocante, et devient son champ d’action principal. La transformation obtenue sur une surface par la soustraction ou l’addition de bandes coupées, pliées ou sortant de leur support, crée un certain espace, souligné par la diversité des fonds et l’opposition des côtés. De ce geste délibéré, au sein de cet espace ordonné, par une délicate ciselure, nait un rythme vivant, un mouvement magique.”

Gaston Diehl, Critique d’art français

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Françoise Aubry

Marqué Par l’ Op Art, mon travail joue sur l’ illusion d’optique et la possibilité de décaler la perception sur plusieurs plans. Le Support, par la qualité de sa transparence, permet de diffuser la couleur de telle sorte qu’elle semble apparaître à un endroit différent de celui où elle est posée. Les couleurs semblent se croiser, en écho à la structure de la composition qui se présente  soit sous forme de tableau à entrées multiples (Grand Dédale),soit à multiples plans( série Strates). Ainsi , la combinaison entre couleur et transparence fait charnière entre  la matière et son absence apparente,entre le Statique de la structure et la dynamique de la couleur  via la lumière. Au delà de la perception optique et mentale immédiates se développent une infinités de points de vue.

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Antonio Asis

A l’instar de ses contemporains cinétiques qui réalisent des oeuvres en mouvement réel, Asis prend le parti d’un art purement optique : ou soit en mouvement suggéré, suscité par le déplacement du spectateur face à l’oeuvre. Répondant aux mouvements corporels, ses tableaux s’animent, les couleurs s’éveillent, les formes géométriques se révèlent : carrés, cercles, rectangles, se décomposent et recomposent dans une fugacité vibrationnelle intense.  

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Alain Le Boucher

«Le titre est un hommage à Francisco Sobrino. Comme Le Parc, Sobrino fait partie de mon Panthéon personnel.» Car l’instabilité, le mouvement, l’aléatoire sont, au même titre que la lumière, des matériaux contemporains – des ’’immatériaux’’ selon le titre de ma première exposition à Beaubourg en 1985.

J’ai appelé mes réalisations des Luchrones – Lumière et Temps – car à travers une électronique très transparente, mon travail principal, au-delà de la forme, est de composer des partitions de lumière. Comme la musique, la lumière est un ensemble de fréquences que je peux faire varier en rythme et en position en écrivant au clavier une suite de mouvements. La sculpture elle-même, de manière parfaitement aléatoire, choisira dans quelle succession jouer les partitions présentes dans sa bibliothèque.

Bien que je l’aie rarement utilisé, le triangle est assez logique si on regarde attentivement le dessin de l’électronique car j’utilise un composant qui pilote trois Leds. Inscrit dans un cercle à la manière des Dreamcatchers des indiens d’Amérique, je voudrai que les Triangles Instables suggèrent en nous des rêves nouveaux.»  Alain Le Boucher 2017

FullSizeRender_3Isabelle de Gouyon Matignon

Isabelle de Gouyon Matignon a commencé sa carrière en proposant des sculptures polygonales et géométriques, réduites le plus souvent à leurs seules structures en arêtes, ce qui peut évoquer les jeux de construction pour enfant. Se découpant librement dans l’espace, ces polygones ont un caractère très aérien, presque à la limite de l’immatérialité. Ils donnent l’impression de flotter dans l’air, leurs assises esquissant toujours un léger déséquilibre. Découvrant récemment les ressources de l’inox, Isabelle de Gouyon Matignon va imprimer à ses œuvres une nouvelle direction. Elle y voit la possibilité de faire presque disparaître l’œuvre dans la multiplicité des reflets dont elle est le théâtre. Ici commence une démarche foncièrement originale, car les fantasmagories vont envahir l’œuvre qui va se fragmenter pour répondre par réflexion aux objets ou aux paysages qui se trouvent dans le monde qui l’environne.

Fernand Fournier, Paris, Novembre 2013

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Octavio Herrera

Octavio Herrera dénote dans ses oeuvres tout ce qui est relié à la géométrie, l’espace et son contexte lui servent de support et lui donnent également sa profondeur, mais si nous affinons notre regard, Octavio révèle autre chose.

Ses plans de couleurs aux mélanges quasi indéchiffrables, mais fondamentalement protagonistes, sont d’intéressants reflets de la communion de points qui identifient et reconstruisent magistralement depuis un microscope. On suppose que sa géométrie renaît du point, s’insère en tonalités, se stylise et devient silhouette ; c’est un contour taillé dans la couleur, qui devient infini dans le cycle de la forme.

2014 – Extrait du catalogue “Octavio Herrera – Antologia” Centro de ArteDaniel Suarez